Redonner du punch aux plantations !
Floréal N°90 - Septembre 2012
Arnaud Etienne a repris la pépinière familiale de Grandrupt (88) en 2000, une époque dont tout le monde se souvient : l'après tempête ! Pendant 2 ans, quasiment aucune plantation ! Les propriétaires se consacrent aux dégagements, à l'écoulement de leurs bois… Et puis s'installe, doucement, une désaffection envers les plantations. Par ricochet, les pépiniéristes s'avèrent donc être également des sinistrés de la tempête…
Que s'est-il passé ? Et comment relancer les plantations ?
Les pépinières Etienne, une affaire de famille ?
70.000 ha/an reboisés en 1960, moins de 30.000 ha aujourd'hui : comment l'expliquer ? La fin du FFN, le coût des travaux, le morcellement, ou bien encore une certaine démotivation des propriétaires ?
Je peux répondre par d'autres chiffres, les nôtres. Fin 70, nous plantions 230.000 plants et actuellement 80.000. Comment l'expliquer ?
Tout d'abord, dans ce qui nous est proche, les "hagis". Autrefois, les propriétaires, souvent petits agriculteurs, ou voisins de leurs parcelles, faisaient tout tout seuls. Ils venaient chercher les plants, qu'ils plantaient, dégageaient, éclaircissaient. Le seul investissement était l'achat ; le reste, c'était leur propre travail. Aujourd'hui, au fil des successions, les héritiers ont quitté le village,… D'autre part, le coût des travaux a augmenté de façon considérable et les bûcherons "traditionnels", on n'en trouve plus ! La tempête de 99 a entraîné une forte démotivation, réduisant à néant le travail de beaucoup, leur coupant l’envie de recommencer ! Une étude comparative sur 2003 et 2009 indique que seuls 25 % des blanc-étocs effectués dans les hagis, ont été reboisés (cf. FLOREAL n° 83 et 85) !
La fin du Fonds Forestier National en 2000, l'arrêt des subventions, tout cela a été ressenti comme un désintérêt et un désengagement de l'Etat et nous a été défavorable.
Et ceci s’est conjugué à d'autres facteurs : les dégâts du gibier qui entraînent la pose de protections coûteuses... ?
Le gibier est un énorme facteur de démotivation, une véritable calamité ! Quand il a planté, le propriétaire veut bien regarnir une fois, puis quand la dent du chevreuil refait des victimes, il abandonne !

(Photo : Marie-Françoise Grillot - CRPF)
…la régénération naturelle, l'évolution vers des futaies irrégulières, la diminution des densités de plantations ?
Le nouveau fonds : une chance pour le massif vosgien ?
Interview réalisée par Marie-Françoise Grillot - CRPF