Densités de plantation : faire les bons choix !
Floréal N°90 - Septembre 2012
Les densités de plantation ont régulièrement diminué depuis 50 ans. De 10 000 plants par ha, nous sommes descendus à 2000, voire 1000 plants/ha et moins. Cette évolution s’est accompagnée de débats passionnés. Aujourd’hui encore, les partisans des fortes et des faibles densités s’affrontent. FLOREAL vous propose de dépassionner les débats et d’examiner de plus près les arguments techniques développés par les deux écoles.
Comprendre le mécanisme de croissance des arbres
De manière schématique, pour fabriquer une bille de pied de qualité, on peut distinguer trois voies :
- Planter à forte densité : les plants exercent une compétition entre eux.
- Planter à densité plus faible avec accompagnement par le recrû. La compétition est assurée par la repousse naturelle qui "gaine" les arbres plantés. Bien entendu, les essences présentes dans le recrû peuvent contribuer à alimenter le peuplement en arbres d’avenir. Le suivi des arbres plantés doit être rigoureux (taille, élagage si besoin).
- Planter à faible densité avec peu de recrû et mener une sylviculture d’arbre très suivie, avec taille de formation et élagages réguliers obligatoires. L’action humaine se substitue à l’action naturelle de la compétition. Reste que l’absence d’ambiance forestière est presque toujours un facteur défavorable à l’obtention d’arbres de forme satisfaisante.
(Photo : Cyril Vitu - CRPF / "Plantation de noyer noir et hybride à faible densité")
Bien analyser le contexte : un préalable indispensable
Avant tout, méfions-nous des discours formatés, méthode unique et universelle applicable par tous et partout. Un bon conseiller saura avant tout vous écouter, analyser l’environnement de votre parcelle et ensuite seulement, vous proposera une palette de choix possibles adaptés à votre situation, en mettant en avant avantages et inconvénients de chacun d’entre eux.
Les facteurs à prendre en compte sont nombreux :
- Antécédent cultural : cette notion influe principalement sur la quantité et la qualité du recrû ; un boisement de terres agricoles où seule l’herbe sera présente entre les plants les premières années est très différent d’un reboisement après coupe, où l’on peut espérer un accompagnement ligneux. De la même manière, un reboisement derrière un peuplement résineux dense laisse augurer une repousse assez lente du recrû (fonction de l’environnement de la parcelle).
- Essences introduites : les feuillus, comme indiqué ci-avant, ont des réactions différentes des résineux. Certaines essences, comme le hêtre ou le chêne, ont besoin de plus de compression que d’autres dans le jeune âge.
- La présence de gibier : une forte pression de gibier conduira à la mise en place de protections onéreuses, ce qui va influer sur le choix des densités pour pouvoir rester dans des coûts raisonnables.
- La situation de la parcelle (pente,…), la surface à reboiser, la disponibilité du propriétaire sont aussi des éléments déterminants : une plantation à basse densité qui oriente vers une sylviculture d’arbre nécessite un suivi très régulier. Le propriétaire doit donc appréhender sa capacité à faire les tailles et élagages nécessaires, soit lui-même, soit par délégation. En tout état de cause, si le suivi risque de ne pas être assuré de manière continue, il est préférable de retenir des densités plus importantes.
Cette énumération n’est pas exhaustive, le propriétaire doit donc consacrer du temps à étudier finement son projet avant de prendre sa décision. Le tableau ci-après donne des indications sur les avantages et contraintes des faibles et fortes densités.

(1) La qualité de la plantation est un facteur très important de réussite. Même à forte densité, la qualité se doit d’être soignée. Pour les très faibles densités, un travail mécanisé localisé, type culti-sous-solage, est recommandé.
Faire son choix

Plantation de chêne rouge protégée contre le chevreuil - Photo : Cyril Vitu - CRPF
